Le Musée d'art et d'histoire du judaïsme présente jusqu'au 7 mars l'exposition La splendeur des Camondo, de Constantinople à Paris, 1806-1945. Parmi les très nombreux objets et documents présentés, un ensemble a retenu notre attention pour les colonnes de ce blog : la collection d'épingles de cravate du comte Nissim de Camondo (1830-1889).
Une vingtaine d'entre elles, sur un total de 55 épingles offertes en 1933 par son fils Moïse au musée des Arts décoratifs, est présentée astucieusement dans une vitrine tournant à la manière d'un carrousel.
La collection est remarquable, par son origine d'abord, ensuite par la diversité des matériaux utilisés, les thèmes représentés, la qualité du travail d'orfèvre...
La majeure partie de cet ensemble magnifique a été offerte au comte Nissim de Camondo par sa maîtresse, la "comtesse Alice de Lancey", entre 1878 et 1888. Mme de Lancey, à l'état-civil Julie Eardley-Wilmot, était une richissime américaine de Baltimore, divorcée de son premier mari, M. Thal. Elle acquit le pavillon de musique de Louveciennes, qu'elle conserva jusqu'en 1911.
Les épingles qu'elle offrait à M. de Camondo venaient tout droit de la maison Boucheron. Frédéric Boucheron faisait appel alors aux meilleurs ateliers d'orfèvrerie parisiens pour réaliser ces pièces uniques qu'il complétait ensuite par un travail de haute joaillerie et proposait enfin à ses meilleurs clients.
On peut aujourd'hui admirer à l'exposition des épingles en or, en argent, en pierres dures ou précieuses, en émail... Il est fascinant de détailler les sujets représentés : Chinois fumant la pipe, Tête de guerrier franc, Le soleil et La lune, Mercure, Flore, insectes et animaux divers...
Plus largement, l'exposition retrace le parcours extraordinaire et tragique des Camondo, Juifs séfarades expulsés d'Espagne par la Reconquista, financiers des sultans ottomans, citoyens autrichiens, anoblis et titrés comtes par Victor-Emmanuel II d'Italie, collectionneurs, esthètes, musiciens et mécènes des musées français. L'Histoire mettra un terme à cette prestigieuse lignée, par la déportation de leurs derniers descendants au cours de la 2e Guerre Mondiale.
La splendeur des Camondo, jusqu'au 7 mars 2009, Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris (voir le site).


Des épingles superbes! Génial post!
Rédigé par : miette | 29 janvier 2010 à 17:45