Comme promis, vous trouverez ci-après quelques informations supplémentaires à propos de l'exposition du musée d'Orsay : Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde.
L'exposition Beauté, morale et volupté offre au visiteur un large panorama d'oeuvres de toutes disciplines (peinture, sculpture, mobilier, objets d'art, arts appliqués, costume, bijoux...) permettant de mieux appréhender cette notion d'esthétisme qui agite l'art anglais de la 2e moitié du XIXe siècle, depuis 1860 jusqu'au crépuscule du règne de la reine Victoria.
A travers ses grandes figures - Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris, James McNeill Whistler, Oscar Wilde et Aubrey Beardsley - et leurs créations, c'est toute l'histoire du Mouvement Esthétique, son évolution, ses sources, ses conséquences, qui sont expliquées ici.
La multitude et la diversité des oeuvres prouvent la volonté d'universalité qui guide les tenants du mouvement dans leur quête du beau idéal. Mais la modernité de la démarche gêne. L'art pour l'art est une idée nouvelle, dangereuse et condamnable : l'art se libère des principes de l’ordre établi et des notions victoriennes de moralité. La littérature, la peinture, la sculpture même "versent" dans la sensualité, pire ! la licence...
Mais l'influence du mouvement grandit. Elle ne s'arrête pas à la querelle du sujet et de son traitement. Elle étend ses vues à la vie quotidienne ; elle veut réformer le "design" et appliquer ses champs d'investigation à la décoration intérieure et à l'architecture. L'élite adhère. Les grandes demeures adoptent le nouveau style. Et, puisqu'il faut que l'art soit accessible à tous, du moins au plus grand nombre, architectes et décorateurs vont aussi repenser les intérieurs de la classe moyenne. La « Belle Maison» devient le symbole d’un mode de vie moderne, sophistiquée, en phase avec son siècle. Les nouveautés, les thèmes créés par les artistes sont rapidement exploités commercialement, pour le plus grand nombre. Pendant un demi-siècle, les esthètes donnent le la. Leurs maisons, parfois extravagantes, servent de mètre-étalon. S'y déploient luxe, exubérance, richesse, trouvailles. Très vite, l'esthétisme au quotidien (arts décoratifs, mobilier...) trouve sa clientèle de collectionneurs : aristocrates, intellectuels, mais aussi marchands et industriels.
C'est ce foisonnement dans le beau, le luxe, le raffinement que montre l'exposition du musée d'Orsay. Les magnifiques pièces sont présentées isolées - pour mieux les contempler - ou arrangées dans des ensembles, sur le modèle des "period rooms" des musées anglais (et qui manquent cruellement aux institutions françaises...) Chaque salle, enfin, est scandée d'un aphorisme de Wilde sur l'art, le beau, l'esthétique.
Nul doute que l'auteur à succès, mort pauvre et oublié à Paris, à quelques rues seulement du musée, aurait aimé flâner parmi les vestiges de son époque, s'arrêtant ici et là, devant une photo, une toile, un meuble ou une théière pour conter à un Bosie de passage les souvenirs de sa gloire passée.
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Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde, Paris, Musée d'Orsay, jusqu'au 15 janvier 2012. A l'occasion de la présentation de cette exposition, le musée organise également un cycle Musique et un cycle Cinéma, à découvrir sur le site d'Orsay.
Photos : Mrs Luke Ionides, 1882, par Sir William Blake Richmond, V&A, Londres, © V&A Images / Théière Diamant, vers 1879, par Christopher Dresser, V&A, Londres, © V&A Images.


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