
L'exposition "Paris au temps des impressionnistes" à l'Hôtel de Ville remporte un franc succès. Le thème y aide sans doute : la peinture impressionniste fait toujours recette. Attention ! Avertissons nos lecteurs qu'il ne s'agit pas là, contrairement à ce que laisse entendre le sous-titre des affiches, d'une présentation des chefs-d'oeuvre du mouvement, empruntés à Orsay : la plupart d'entre eux est restée au musée. C'est mieux que cela : l'exposition attire l'attention sur des peintres moins connus, étrangers souvent, qui, avec quelques années de décalage sur les années "centrales" impressionnistes (1874-1886), ont perpétué, à l'instar de Pissarro, Monet ou Renoir (présents avec Gauguin, Caillebotte ou Van Gogh), la "mode" ou "l'esprit" impressionnistes, bien au delà du XIXe siècle. La présentation faite à l'Hôtel de Ville permet surtout de comprendre le "contexte" de l'éclosion et de l'expansion du mouvement, dans le prolongement des bouleversements du Second Empire, dans cette recherche constante de la "modernité" technique et artistique. Les impressionnistes sont certes des peintres de la IIIe République, mais celle-ci, dans le domaine des moeurs, des goûts et des modes, prolonge durablement l'époque impériale. L'exposition rend compte de tout cela, à l'aide d'oeuvres nombreuses, impressionnistes ou non d'ailleurs : grands travaux, architecture, faste, mondanité, salons, vie parisienne, opéra, théâtre, bals etc. et leur "revers" : condition ouvrière, prostitution, "demi-monde", Commune, contestations sociales... Il y a beaucoup à dire en la matière et l'on aurait pu concevoir une exposition encore plus vaste, plus complète, voire plusieurs expositions de suite. Pourtant, malgré l'étendue du sujet confrontée à la limitation des espaces d'exposition, on remarque que les organisateurs ont tenu à accorder une place... au dandy (!) preuve de l'importance du mouvement, même en cette fin de siècle. Deux portraits sont ainsi présentés pour l'évoquer : Proust par Blanche et - évidemment - Montesquiou par Boldini. On a adjoint une explication qui nous paraît, même s'il s'agit d'un "résumé", une bonne définition du dandy proposée au grand public : "Le dandy se définit par l'expression d'une finesse et d'une originalité, une certaine affectation de l'esprit et de l'impertinence ; il se caractérise surtout par ses codes vestimentaires raffinés, originaux, et son langage choisi. Discrédité souvent comme une marque de frivolité, il est pour les dernières années du XIXe siècle une réelle métaphysique, un rapport particulier à la question de l'être et du paraître ainsi qu'à la modernité. Baudelaire le premier identifie le dandysme à un 'dernier acte d'héroïsme' possible. 'Le mot dandy implique une quintessence de caractère et une intelligence subtile de tout le mécanisme moral de ce monde' (Le peintre de la vie moderne, 1846). Le dandysme implique un caractère personnel altier, élégant, raffiné voire arrogant et même autodestructeur. Il engendre un jeu permanent sur l'être et le paraître qui explique que l'on ne distingue pas nécessairement dandys réels ou de romans."
A propos du Peintre de la vie moderne, signalons enfin que l'on peut voir aussi quelques jolis dessins de Constantin Guys, qui inspira son fameux texte à Baudelaire.
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Paris au temps des impressionnistes, Hôtel de Ville de Paris (accès Rue Lobau), tous les jours, sauf dimanche et fêtes, jusqu'au 30 juillet, de 10h à 19h. Entrée gratuite.
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